Appel à articles

Le concept de « genre » dans les mondes hispanophones et lusophones : des discours théoriques aux imaginaires des créations

Numéro coordonné par :

Catherine Flepp, Nadia Mékouar-Hertzberg et Michèle Soriano

Dans ce numéro 13 de la revue Iberic@l, nous proposons de réfléchir sur les textes théoriques et sur les créations littéraires et artistiques des mondes hispanophones et lusophones, qui prennent en compte le concept de « genre ». L’enjeu est d’importance : alors que les études de genre font désormais « autorité » ou, tout au moins, sont admises dans le champ académique, l’on constate que les textes de ces territoires sont relativement peu présents dans le débat international. Ce défaut de visibilité est sans nul doute préjudiciable. Même s’il ne correspond probablement pas à une méconnaissance volontaire, il peut être considéré comme la manifestation d’une asymétrie certaine dans la circulation des savoirs. L’objectif de ce numéro consacré au genre dans les mondes hispanophones et lusophones est donc de mettre en lumière ces textes et de contribuer à élargir l’éventail de références permettant d’alimenter les réflexions sur le genre dans divers secteurs des sciences humaines et des humanités.

À cette occasion, nous considérerons dans quelle mesure ces productions contemporaines dialoguent avec certaines références devenues « canoniques » des études de genre ; dans quelle mesure les assimilent-elles, les adaptent-elles et les renouvellent-elles ? Nous souhaitons explorer une partie de ce que Claudia de Lima Costa appelle le « trafic de théories » (2014) dans sa réflexion sur la traduction culturelle et le genre. Il importera également d’évaluer comment ces productions produisent une pensée en prise avec les spécificités et le contexte des territoires desquels elle émerge, mais assez puissamment structurée pour contribuer à fomenter et étayer la richesse du concept de genre et ses potentialités herméneutiques.

Dissocier ces textes théoriques des créations littéraires et artistiques serait par trop artificiel et constituerait une erreur méthodologique profonde. Les « capacités théoriciennes de la littérature » pour reprendre les termes de Pierre Bayard et ce qu’il nomme la « pre-théorie » des textes littéraires – que nous proposons d’élargir à l’ensemble des productions artistiques et culturelles – nous invitent au contraire à considérer que les grandes œuvres sont porteuses de virtualités de développements conceptuels. Ce potentiel épistémologique de la littérature, des études littéraires et culturelles est signalé avec justesse par Marie-Hélène Bourcier (2014). Parfois implicite, souvent contradictoire, il n’est pas seulement en amont des textes et des créations. Échappant à l’ordre du concept ou du conceptualisé, les créations peuvent également être génératrices de renouvellement théorique.

 

El concepto de « género » en los mundos hispanohablantes y lusófonos: de los discursos teóricos a los imaginarios de las creaciones

Número coordinado por:

Catherine Flepp, Nadia Mékouar-Hertzberg et Michèle Soriano

En este número 13 de la revue Iberic@l, nos proponemos reflexionar sobre los textos teóricos y las creaciones literarias y artísticas de los mundos hispanohablantes y lusófonos que toman en cuenta el concepto de género. Lo que está en juego es sumamente importante: aunque los estudios de género han conseguido imponerse o, al menos, son admitidos en el ámbito académico, debe reconocerse que los textos relativos al género están poco presentes en el debate internacional. Esa falta de visibilidad es, sin duda alguna, perjudicial. Aunque lo más probable es que no corresponda a un desconocimiento voluntario, puede ser considerada como la manifestación de una asimetría indiscutible en cuanto a la circulación de los saberes. Por tanto, el objetivo de este número dedicado al género en los mundos hispanohablantes y lusófonos es sacar a la luz esos textos y procurar ampliar el abanico de referencias que permiten enriquecer la reflexión sobre el género en distintas ramas de las ciencias humanas y de las humanidades.

Con este motivo, consideraremos en qué medida dialogan las producciones contemporáneas con ciertas referencias que se han vuelto canónicas en los estudios de género; en qué medida las asimilan, las adaptan y las renuevan. Deseamos explorar lo que Claudia de Lima Costa llama el tráfico de teorías (2014) en su reflexión sobre la traducción cultural y el género. También será importante determinar cómo generan esas producciones una manera de pensar estrechamente relacionada con las especificidades y el contexto de los territorios de los que emerge, pero estructurada con fuerza suficiente para contribuir a fomentar y respaldar la riqueza del concepto de género y sus potencialidades hermeneúticas.

Disociar estos textos teóricos de las creaciones literarias y artísticas sería harto artificial y constituiría un error metodológico profundo. Las capacidades teóricas de la literatura según Pierre Bayard y lo que llama pre-teoría de los textos literarios – que nos proponemos aplicar al conjunto de las producciones artísticas y culturales – nos invitan a considerar, al contrario, que las grandes obras son portadoras en sí de virtuales desarrollos conceptuales. Ese potencial epistemológico de la literatura, de los estudios literarios y culturales ha sido señalado con acierto por Marie-Hélène Bourcier (2014). A veces implícito, a menudo contradictorio, no sólo se anticipa a los textos y a las creaciones. Ajenas al orden del concepto o de lo conceptualizado, las creaciones también pueden ser generadoras de renovación teórica.